Jean Lassale, le député, France-Soir, le cpe, le salon du livre

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Olivier Rey déclare : Comment voulez-vous sauver un journal qui perd aujourd'hui huit cents mille euros par mois avec 118 salariés, 22 pigistes réguliers et soixante occasionnels ? 27 avril 2006, édito sur France-soir
Les livres conseillés..

Comment voulez-vous sauver un journal qui perd aujourd'hui 800.000 euros par mois avec 118 salariés, 22 pigistes réguliers et 60 occasionnels?
Olivier Rey, nouveau patron à France-Soir, diffusion moyenne 50.633 exemplaires
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Mensuel gratuit chanson, littérature, observatoire internet, actualité / N°64 Avril 2006

1) Éditorial : Même l'indécence peut se prétendre éthique
2) Interview du mois : remplacée par compréhension d'un salon du livre avec Dîner, nuit et petit-déjeuner d'écrivains régionaux
3) Livres et cd A GAGNER: Créateurs à découvrir...
4) Actualité en France : Le tabac - 20 ans - volailles - CPE et distribution de millions....
5) Réactions au WEBZINE PRECEDENT : CPE
6) Web et réseau : Dominique de Villepin ET moi (CPE et pseudos) - www.jetedonne.com Nouvelle version du site du DON - Classements www.autoproduction.info - et chansons.org
7) Chanson actualité : Cent douze oeufs par jour

Editorial
Même l'indécence peut se prétendre éthique

Jean Lassale était un anonyme député UDF des Pyrénées-atlantiques. Le 7 mars, pour contrarier un projet prétendu de délocalisation d'un groupe nippon, Toyal, de sa vallée d'Accous, il entame une grève de la faim. Dans des conditions médicales optimales : à l'assemblée Nationale.

39 jours de grève de la faim et happy end. Acclamations générales : Jean Lassale est un héros français.
Même Jean-Marc Ayraux, maire de Nantes et principale voix du Parti Socialiste au parlement, soulignait un choix extrêmement courageux parce qu'il a mis sa vie en danger.
[mettre sa vie en danger serait donc un signe d'extrême courage !]
Il a fait céder un grand groupe japonais qui pour s'agrandir, faute de véritable solution locale, souhaitait implanter une unité de production supplémentaire ailleurs, à 70 kilomètres... Traduction pour attirer, attiser les médias : délocaliser.

Le gouvernement français s'est humilié, a promis, promis... le ministère de l'Intérieur annonçait un protocole... Tant pis pour les conditions écologiques...
Promettez de l'emploi et vous serez subventionnés. L'environnement s'efface devant l'emploi.

Une interview dans Le Figaro (visible gratuitement en ligne) de Masao Imasu, patron du groupe japonais Toyal, est explicite. Extraits :
Nous voulions encore nous développer, mais notre nouveau projet mettait en jeu des procédés chimiques complexes, dangereux et potentiellement polluants. Il reste deux hectares de terrain cultivable que Jean Lassalle voulait que nous utilisions, mais nous avons refusé, car ce terrain ne dispose d'aucune structure de sécurité, et qu'il est près d'un parc naturel.

Nous voulions limiter au minimum les risques environnementaux. Nous avons d'abord pensé implanter cette nouvelle usine en Allemagne, car c'est notre premier marché. Mais Total nous a proposé de reprendre un de ses sites de production, à Lacq, à 70 kilomètres d'Accous. Ce site bénéficie d'une excellente infrastructure adaptée à nos besoins, qui limitait les risques de pollution. Nous avons naturellement choisi ce site. C'est là que monsieur Lassalle, sur un malentendu, a pensé que tout Accous serait déplacé à Lacq. Objectivement, un tel transfert serait stupide et coûteux.

Encore plus cruel pour l'image du héros Lassalle :
Nous lui avons clairement dit que nous n'avions nullement l'intention de déménager d'Accous, et que nous étions même prêts à y développer des infrastructures supplémentaires, hormis celles qui concernent notre nouveau projet dangereux. Nous avons aussi écrit une lettre aux employés du site d'Accous pour expliquer notre position. Nous avons proposé d'acheter les deux hectares de terrain voisins, comme preuve de notre bonne foi et de notre engagement à Accous. Malgré tous ces gestes, Jean Lassalle ne nous a pas crus et a poursuivi sa grève de la faim.
Plus loin :
Peut-être monsieur Lassalle a-t-il utilisé cette affaire à des fins personnelles.

Sur le protocole :
Le gouvernement veut nous vendre le terrain proche d'Accous pour un euro. Mais nous devons étudier la faisabilité de notre projet là-bas, ses conséquences sur l'environnement et surtout sur le parc naturel tout proche. Il n'y a aucune structure d'urgence à Accous. Là-bas, il faut presque une heure pour que des pompiers ou des médecins se rendent sur les lieux en cas d'explosion. A Lacq, tout était prévu !

Pourquoi, au gouvernement, personne n'a su stigmatiser la fanfaronnade de ce proche de François Bayrou ? Il essaye d'éviter les incendies !... Onze ans après l'élection de Jacques Chirac, est-ce surprenant ?


A France-Soir : même combat pour l'emploi.
Mercredi 12 avril, le Tribunal de commerce de Lille désigne Olivier Rey et Jean-Pierre Brunois comme repreneurs du quotidien, en redressement judiciaire depuis le 31 octobre 2005.
Le projet retenu souhaite le transformer en tabloïd populaire... en conservant uniquement 51 journalistes.
Comment voulez-vous sauver un journal qui perd aujourd'hui 800.000 euros par mois avec 118 salariés, 22 pigistes réguliers et 60 occasionnels?
Les salariés, favorables à l'offre de Moscow News, se mettent aussitôt en grève. Et se référent au célèbre titre annonçant la mort du général de Gaulle pour le faire savoir (Photo)

Décision scandaleuse du tribunal, d'avoir refusé l'offre du groupe russe Moscow News, qui prévoyait de conserver l'ensemble des salariés ?
Pour Christian Gourdet, délégué syndical CGT du personnel durant la procédure :
Nous sommes en colère, le tribunal a choisi la plus mauvaise solution, celle qui aboutit à licencier le plus et qui donne le moins d'avenir au journal.
Les conditions de licenciement dans la presse française sont pourtant très avantageuses. Que les journalistes en profitent pour rejoindre le camps de l'indépendance (mais combien ont rangé au rayon des vestiges la notion d'indépendance de la plume ?)

Moscow News... groupe de médias russe, de l'homme d'affaires Arcadi Gaydamak (bénéficiant d'une quadruple nationalité), sous le coup d'un mandat d'arrêt émis en France dans le cadre d'une enquête sur un trafic d'armes vers l'Angola. Est aussi évoquée une dette de 75 millions d'euros auprès du fisc français...

Promettez de l'emploi et les yeux se fermeront sur votre passé.
Les grévistes réclament l'intervention de l'Etat. Est-ce que Dominique de Villepin va continuer le grand bradage de la notion d'éthique ?

Qu'elle est loin l'heure de gloire du quotidien populaire de Pierre Lazareff et ses 1.115.700 exemplaires en moyenne par jour de parution en 1961. Tombé à 50.633 exemplaires.
Il faut rappeler qu'après l'époque Lazareff le quotidien est tombé dans l'escarcelle d'un certain Robert Hersant dont on ne soulignera jamais assez le rôle néfaste pour la presse française (voir dans la famille Hersant, le fils, et les webzines 53 Serait-il impossible de vivre debout ? ET 57 Attaquer en été ) ET 59 Numéro spécial Robert Philippe HERSANT)

Arcadi Gaydamak a sûrement des raisons de s'étonner de cette décision de justice. Par exemple en se référant à Kim Woo-choong, toujours recherché par Interpol... et bénéficiant de sa nationalité française pour y échapper... il fut naturalisé français en 1987 (ne parlait pas le français mais amitié avec Jacques Chirac alors premier ministre), fait commandeur de la Légion d'honneur le 28 mai 1996, par Alain Juppé (comme... étranger... ainsi sa Légion d'honneur ne peut lui être retirée !), Alain Juppé alors prêt à lui céder Thomson Multimédia, pour un franc symbolique...
Alain Juppé ne souhaite pas s'exprimer sur le cas Kim Woo-choong (affaire Daewoo).
Mais sur d'autres il n'hésite pas... sûrement l'éthique à la française...

Bonnes réflexions,
Stéphane Ternoise,

Interview du mois :   remplacée par compréhension d'un salon du livre avec Dîner, nuit et petit-déjeuner d'écrivains régionaux
Des réactions suites à mes réflexions sur le salon du livre de Paris. Certes, l'envers du décor est le plus souvent ignorés. Ce n'est pas une raison pour l'occulter !
Un de mes textes le plus explicatif est sous la forme théâtre :

Dîner, nuit et petit-déjeuner d'écrivains régionaux


Comédie en trois actes

Paul : écrivain (quelques livres publiés... le point commun de ses éditeurs : en faillite avant de lui avoir versé le moindre droit d'auteur) rmiste, animateur d'ateliers d'écriture, 50 ans, accueille chez lui, pour la soirée et la nuit, des collègues auteurs invités au salon du livre de sa ville mais ni hébergés ni nourris par les organisateurs.

Martine : 51 ans, a auto-édité cinq livres, professeur de français.

Christophe : 57 ans, publie des livres jeunesse chez divers éditeurs... qui lui versent des droits d'auteur dérisoires. Son épouse ayant un bon salaire, ne peut prétendre au Rmi.

Stéphane Ternoise : 35 ans, a auto-édité sept livres, créateur de sites internet. Mi rmiste mi travailleur indépendant.

Passera au repas :
Nestor : 75 ans, écrivain romans du terroir en auto-édition, notable régional, hébergé par la municipalité.

Passeront au petit-déjeuner :
Francis : 40 ans, ami de Paul.
Pierre : 52 ans, publie des livres en dilettante, à quelques exemplaires, auto-édite et auto-imprime, ni hébergé ni nourri par les organisateurs mais retourné chez lui la veille (vit à vingt kilomètres).

Acte 1

Chez Paul : la pièce principale : salon salle à manger.
Un canapé. Une table. Des chaises. Quelques livres dispersés.
Au mur, encadrée, une feuille rose 21*29,7 où il est griffonné au marqueur rouge : A Paul, en signe d'amitié et une signature illisible.
Trois portes : la première conduit à la cuisine et aux toilettes, la deuxième donne sur l'escalier vers les chambres, la troisième est la porte d'entrée.
Paul, Martine et Christophe à table, durant l'apéritif (on sent plusieurs verres déjà vidés).

Paul : - Vous savez pourquoi il a pris un pseudonyme ?
Martine : - Parce qu'un pseudo, ça donne un genre.
Christophe : - Parce que lui qui se croit si grand, ne pouvait plus supporter de vendre des livres sous le nom de Petit.
Martine : - Jean-Luc Petit, c'est vrai, on peut pas plus banal... donc ça collait parfaitement à ses textes !
Paul : - Oh Martine ! Même moi je n'aurais pas osé.
Martine : - Allez, toi qui as toute une journée été le voisin de sa sainteté le plus jeune d'entre nous, dis-nous pourquoi il édite désormais ses (avec emphase) oeuvres sous pseudo.
Paul : - Un peu de tout ce que vous avez dit naturellement, on le sait tous, mais il m'a avoué la raison principale.
Martine : - Et tu l'as cru ?
Paul : - Ça ne veut bien sûr pas dire que c'est la vérité, mais on peut affirmer qu'en ce samedi il voulait que je retienne cette version.
Martine : - Donc, comme tout chez lui, c'est du préfabriqué, c'est de la mise en scène.
Paul : - Là, je ne lui donne pas tout à fait tort, n'oublie pas la manière dont Jean Cocteau définissait le roman, (en appuyant fortement :) un mensonge qui dit la vérité.
Christophe : - Mais s'il était romancier, ça se saurait.
Martine : - Je suis quand même allée jusqu'à la page 52 de son premier roman... vous pourriez m'applaudir !
Christophe : - T'as quand même pas acheté son bouquin !... Alors que tu n'achètes jamais les miens !
Martine : - Bin si !... mais sans illusion littéraire... je suis naïve peut-être, je pensais qu'en contrepartie il parlerait de moi sur internet.
Christophe : - Et il a encaissé ton blé, et sur ses sites il ne parle que de lui, veut se faire passer pour un vrai écrivain.
Martine : - Ecrivain multi-facettes !
Christophe : - Fossettes on dit, multi-fossettes (personne ne prêtant attention à sa remarque, il laisse échapper une moue de déception).
Paul : - En fait, il s'essaye un peu à tout, après la poésie, les nouvelles, la chanson, je n'ose dire, vu le niveau, le roman, et monsieur nous annonce ses ambitions théâtrales ! Il est plus à plaindre qu'à moquer ! Ça doit être terrible, d'être nul en tout !
Martine : - Tu devrais être critique littéraire !
Paul : - Je l'ai été... dans ma jeunesse... après avoir arrêté l'enseignement. Mais j'en ai eu vite marre d'écrire de bons articles sur de mauvais livres.
Christophe : - Comme Martine avec l'autre, t'espérais le renvoi d'ascenseur !
Martine : - C'est notre maladie ça, on rêve !
Christophe : - Moi y'a longtemps que j'ai compris : j'ai aussi aidé les copains mais à chaque fois je passais pour un con. C'est triste mais c'est chacun pour soi dans ce milieu ! On est des loups !
Martine : - On le sait Christophe, que tu as pompé trois sites internet pour écrire ton dernier livre et que maintenant tu passes pour un spécialiste du loup ! Encore un effort et tu seras invité à la télé !
Christophe : - Je dirai plus rien. A chaque fois que je fais une confidence, ça me retombe sur le coin de la gueule ! Mais merde, au prix où je suis payé, je vais quand même pas partir quinze jours en Autriche observer des loups ! Et puis merde ! Tout le monde fait comme ça dans le livre documentaire ! Surtout pour enfants ! Y'a pas que l'autre cinglé qui sache utiliser internet !
Martine : - Reverse-lui un verre, sinon il risque de se métamorphoser en loup (Paul ressert un apéritif, ils trinquent).
Paul : - Ça ne vous intéresse pas alors, pourquoi il est passé de Petit à Ternoise, notre futur partenaire de belote ?
Martine (en souriant) : - Si si, naturellement, c'est passionnant d'avance, dépêche-toi avant qu'il n'arrive, c'est une information essentielle.
Paul : - Ah ! Martine ! Est-ce que moi je lui en veux de son acrostiche disons... déplacé.
Martine : - Il s'est même essayé aux acrostiches ! Mais toi... dès qu'un mec est plus jeune que toi, tu t'enflammes.
Paul : - Je m'enflamme, je m'enflamme... nettement moins qu'avant... je crois que même pour ça je vieillis...
Christophe : - Tout plutôt que la vieillesse ! Allez parle-nous du pseudo... le pseudo, le pseudo (se met à chantonner) le pseudo, le pseudo... (accompagné par Martine au troisième)...
Paul : - Puisqu'à l'unanimité... mais promettez-moi de ne pas lui rapporter que je vous ai raconté sans exposer ses arguments alors déclamés comme les émanations d'un maître incontesté.
Martine : - Tu nous connais.
Christophe : - Allez, de toute manière, il ne doit pas avoir d'illusion sur notre estime, même littéraire.
Paul : - Détrompe-toi ! Je suis certain qu'il est persuadé qu'on le considère comme le meilleur d'entre nous.
Martine : - Ça m'rappelle quelqu'un, cette expression.
Paul : - Mais qu'est-ce qu'il devient ce... ah !... il a été premier ministre et je ne me souviens même plus de son nom... comme quoi il m'a moins marqué que Charlus...
Martine : - Alain. Alain Juppé.
Christophe chantonne : - Le million. Le million... le pseudo, le pseudo...
Paul : - Donc ? selon notre brave collègue, la lettre P étant déjà occupée par PROUST, il lui fallait une lettre où il pourrait trôner pour des siècles et des siècles.
Martine : - C'était une boutade, quand même ! Faut être réaliste parfois !
Paul : - Tu sais, il a nettement plus d'orgueil que d'humour, ce petit.
Christophe : - A la lettre T, il doit bien y en avoir tout un wagon qui passe devant lui.
Martine : - Tu veux dire que même le train, en faisant Tchou Tchou, s'inscrit plus dans la littérature que lui.
Paul en riant : - Oh Martine ! Tu devrais écrire du théâtre !
Martine : - Mais j'en ai écrit. Trois pièces même.
Paul : - Ah ! (il joue l'intéressé) Et elles ont été représentées ?
Martine : - Pas encore. J'espère bien quand même, qu'un jour. J'avais un contact au Québec...
Christophe : - Mais il a pris froid !
Paul : - Moi j'en écris plus, j'ai peut-être tort, puisque ma pièce qui a été diffusée sur France-Culture avait eu une très bonne critique... Mais on ne me demande plus rien... sinon j'ai bien quelques idées...
Martine : - J'aurais bien aimé avoir ton avis de professionnel sur mon théâtre.
Paul : - Il faut le publier ton théâtre... ou la prochaine fois, apporte-moi une copie de tes manuscrits, dédicacée à Paul avec mon admiration .
Martine : - La tentation de Ouaga... le modeste et néanmoins peut-être génial livre que je t'ai échangé l'année dernière contre ton roman, c'était ma troisième pièce...
Paul gêné : - Martine ... (on sent qu'il réfléchit)... il faut que je t'avoue. J'avais un copain, un petit jeune, un apprenti maçon avec des muscles, mignon mais mignon, je te dis pas... je ne t'en ai jamais parlé, je n'ai pas vraiment eu le temps il faut dire, il passait pourtant souvent. Le soir même du salon du livre de notre échange, je m'en souviens comme si c'était hier, le ciel était d'un bleu à réveiller les tulipes... il a ouvert ton livre, il devait sentir le génie.
Martine en souriant : - Le génie était dans la pièce... tu veux dire.
Paul : - Je me souviens très bien, il m'a dit, ah ! je revois encore sa petite frimousse, son petit sourire coquin quand il m'a dit Mais ça a l'air super, vraiment super. Ah ouais !, je peux te l'emprunter ? . Naturellement, tu me connais, je ne pouvais pas réfréner sa soif de connaissances. Il m'avait promis de me le ramener la semaine suivante, parce que moi aussi j'étais impatient de te lire, et le petit scélérat, il ne me l'a jamais rendu.
Martine : - Selon toi, j'ai donc de l'avenir dans le théâtre ouvrier.
Paul : - Au fait, tu as apprécié mes... nouvelles ?
Martine sourit, un peu gênée à son tour : - Si je te dis qu'une copine me les a empruntées à long terme, connaissant ma vie sexuelle, tu ne me croiras sûrement pas... mais c'est terrible, je n'ai plus le temps de lire, j'écris durant les congés, et le reste du temps, quand je rentre le soir, je suis crevée, alors je me dis, vivement vendredi, et le vendredi, ah ! enfin le week-end, mais il me faut maintenant tout un week-end pour récupérer... je crois que je vieillis aussi...
Christophe : - Tu ne vas pas t'y mettre aussi.
Paul : - Je te l'ai toujours dit, tu aurais dû faire comme moi. Enseigner, ça te bouffe la vie. Je ne regrette nullement mes sept années d'enseignement mais c'était amplement suffisant.
Martine : - Déjà que j'arrive pas à vivre avec un salaire, alors, le Rmi...
Paul : - Je suis certain, même financièrement, je m'en sortirais pas mieux avec un salaire. Tu vois, le Rmi, ça laisse vachement de temps. Et puis de temps en temps, j'anime un atelier d'écriture.
Christophe : - Avec tes acrostiches en plus, tu dois être le plus riche d'entre nous.
Martine : - Mais je n'ai aucun talent pour les acrostiches.
Paul : - Oh, moque-toi pas de moi, ça me prend dix minutes et ça me rapporte un deuxième Rmi par mois.
Christophe : - T'es donc payé 24 mois !
Martine : - Et comme tu as toujours je suppose ton copain de la direction des impôts, tu es tranquille.
Paul : - Parfois il faut payer de sa personne... mais c'est pas désagréable, je te dirais. Ah !, ce brave Claudio... Il est plus tout jeune, et il perd parfois son temps avec des midinettes... mais il a un p'tit quelque chose.
Martine : - Je crois deviner où.
Christophe : - Martine, tu vas te mettre à l'autofiction !
Martine : - L'autofiction pour moi, depuis quelques années, ce serait plutôt du genre les pensées de Pascal, rester dans une chambre et méditer sur le sexe des anges.
Christophe : - Et regarder la télé !
Martine : - Non, Christophe ! Pour ma légende, il faut marteler, marteler méditer . On ne sait jamais, Paul écrira peut-être bientôt ma biographie... oh oh, Paul, tu es encore avec nous ? (depuis qu'il ne participe plus à la conversation, il est dans... des pensées)
Paul : - Je vais vous laisser causer télé (il se lève). Sur ce sujet, je ne suis plus à la page.
Martine : - Fais comme chez toi, Paul...
Paul sort (porte cuisine / toilettes).

Christophe : - Tu savais qu'une de ses pièces avait été diffusée sur France-Culture ?
Martine en souriant : - Entre 3 heures 30 et 5 heures... du matin ! Il devait être le seul à écouter ! Avec ses droits d'auteur, il ne doit même pas avoir pu acheter une ramette de papier pour imprimer ses acrostiches.
Christophe : - Je n'ai jamais osé lui dire, je ne sais pas comment il réagirait, mais il devrait quand même se rendre compte, ça ne fait pas sérieux ses acrostiches, il ne retrouvera jamais d'éditeur avec une telle réputation.
Martine : - C'est c'qu'on appelle un euphémisme... surtout vu le niveau. (en souriant :) Sa main évoque le velours...
Christophe : - Tu connais par coeur.
Martine : - Encore un salon où il y avait un monde fou, alors plutôt qu'être bassinée par Nestor, j'ai feuilleté... j'ai pas pu tenir plus d'un quart d'heure.
Christophe : - Au moins Nestor, ses histoires sont drôles.
Martine : - Mais quand tu les entends pour la quinzième fois, et qu'à chaque fois il a un rôle de plus en plus avantageux... un jour il va en arriver à prétendre qu'il a écrit toutes les chansons de Georges Brassens.
Christophe : - Tu crois qu'il a vraiment connu Brassens ?
Martine : - Il baratine tellement, qu'on ne peut plus être certain de rien... en tout cas son inspecteur des impôts, à Paul, ça... ça lui prend du temps.
Christophe : - Tu crois que... non ? quand même pas... il n'est pas à ce point-là !?
Martine : - Fais le test : parle d'une plage où tu as croisé trois jeunes en bronzage intégral, et commence à les décrire.
Christophe : - Mais les mecs, ça ne m'intéresse pas, moi c'que j'aime, c'est les femmes de vingt-cinq-trente ans qui viennent d'avoir un enfant. Tu vois, le matin, je me promène toujours à l'heure de l'école maternelle, tu les vois ressortir avec une petite inquiétude sur le visage mais un tel sentiment d'épanouissement.
Martine : - Soit tu es un poète qui s'ignore, soit un déprimé qui rêve encore.
Christophe : - Comme j'ai déjà essayé la poésie et
Sonnerie.

Christophe : - Ça doit être l'autre cinglé... moi je ne vais pas ouvrir...
Deuxième sonnerie.
Martine en souriant : - Pourquoi aller ouvrir alors que personne n'a sonné !
Ils rient.
Martine : - J'espère qu'il pleut !
Christophe : - Qu'il tombe des grêles !
Troisième sonnerie.
Ils rient de plus belle.
Christophe : - Si j'étais méchant, je souhaiterais un orage et que la foudre nous en débarrasse... mais il ne faut jamais souhaiter la mort des gens...
Martine : - Il se réincarnerait peut-être en écrivain.
Christophe : - En simple stylo bic. Au moins il serait utile.
Quatrième sonnerie.
Paul arrive en courant, lance : - Vous exagérez, que va penser Stéphane ?
Paul ouvre.
Paul : - Entrez, entrez chers collègues.
Entrent Stéphane (avec un sac de sport) et Nestor.

Stéphane : - J'ai croisé Nestor, alors je l'ai emmené... je crois qu'il cherchait la rue des filles faciles.
Nestor : - Y'a bien longtemps que je m'y perds plus... j'ai mon portable... (il sort son portable)

Paul : - Excusez-moi, j'étais à la cuisine, je préparais les plats pour l'omelette et je crois que Martine et Christophe devaient se bécoter en douce ou qu'ils n'ont pas osé aller ouvrir.
Martine : - On ne sait pas qui peut sonner chez toi à une heure pareille.
Nestor : - Tiens !, d'ailleurs j'ai un sms...
Paul : - Rassure-toi, j'ai prévenu tout le monde que ce soir je recevais... un autre milieu...
Stéphane : - Ça nous aurait fait une bonne étude sociologique...
Nestor : - Oh, elle avait qu'à être là quand je suis passé... (voyant que personne n'écoute, plus fort :) les femmes il faut les laisser envoyer des sms et leur offrir des fleurs quand on en a besoin.
Paul : - Nestor, alors, ton prochain livre, ce sera le dictionnaire de tes conquêtes ?
Nestor : - Mon prochain livre... j'ai pas votre âge les amis... oui, j'aimerais bien encore en écrire quelques-uns mais bon...
Christophe : - Nous casse pas le moral Nestor.
Paul : - Je crois que Christophe nous fait une petite déprime, il vaut mieux éviter de parler d'âge aujourd'hui.
Stéphane : - Pourquoi tu déprimes alors que tu as signé pour trois livres.
Christophe : - J'ai signé. Oui, j'ai signé. Mais c'est déprimant. 1% des ventes, tu te rends compte ! Toucher un pour cent du prix de vente hors taxe, c'est scandaleux.
Paul : - Mais tu vas être distribué en grandes surfaces !
Christophe : - J'ai l'impression qu'ils se foutent de ma gueule.
Martine : - Alors ce soir, on va refaire le monde de l'édition, on va tout changer, on va s'attribuer les prix Goncourt, Renaudot, Femina, vous permettez, le Femina, je le garde, on va se partager les passages télé, et même les bourses du Conseil Régional...

Paul : - Tu vas bien Stéphane ?
Stéphane : - Ne pose pas des questions dont tu connais la réponse.
Paul : - Je ne sais pas si tu vas bien.
Stéphane : - Mais tu sais bien que je vais te répondre une banalité. Tu n'as quand même pas oublié qu'il y a deux heures nous étions des voisins qui, faute d'un possible lectorat, échangeaient leur point de vue sur les avantages et inconvénients de leurs choix d'édition.
Paul : - Mais depuis je t'ai vu partir en galante compagnie...
Stéphane : - Elle voudrait être chanteuse.
Paul : - Il parait que les chanteuses sont très... coquines...
Stéphane : - Et les chanteurs crétins, les écrivains fauchés, les bureaucrates... on ne va quand même pas passer la soirée à débiter des lieux communs.
Paul : - Bon, donc ça ne s'est pas très bien passé.
Stéphane : - Elle voulait que je voie ses parents.
Paul : - Et ?
Stéphane : - Et c'est vrai, quand on est arrivé chez elle, ses parents étaient là !
Martine : - Et toi t'espérais !
Stéphane : - Sinon il suffisait qu'on se donne notre adresse e-mail.
Paul : - Donc tu es de mauvaise humeur.
Stéphane : - J'ai vieilli depuis le temps qu'on se connaît. Ce genre d'aléas ne peut plus grand-chose contre moi.
Martine : - Le Ternoise nouveau est arrivé, arôme mystique.
Paul : - On papote on papote... assieds-toi Nestor (il lui tend une chaise), tiens Stéphane (il lui en tend une autre), prends une chaise chaude...
Stéphane : - Une chaise chaude ?
Paul : - Oui, la mienne. Celle où j'étais avant d'aller à la cuisine, d'ailleurs il faut que j'y retourne. (Martine sourit en regardant Christophe) Pose tes fesses là où étaient les miennes voici quelques minutes... tu ne trouves pas que tu vas vivre un moment exquis ?
Martine : - On ne le changera pas ce Paul, dès qu'il voit un mec plus jeune que lui, il frétille.
Christophe : - Pourtant ça rime avec fille...
Stéphane : - Et vous croyez ainsi obtenir trois lignes dans ma biographie.
Martine : - Tu vas écrire ta biographie !
Stéphane : - Quand j'aurai l'âge de Nestor.
Nestor : - Bien, commence un peu plus tôt mon ami, parce que je suis en route, et j'espère bien la terminer avant qu'il m'abandonne (il place sa main droite sur son coeur).
Stéphane : - Si tu forces pas trop sur le Viagra, y'a pas de raison qu'il déraille, défaille, se défile dirait Christophe.
Martine : - Oh ! La plus belle phrase de ton oeuvre !
Nestor : - Et comment je pourrais vivre, moi, sans Viagra ? Tu verras quand tu auras 90 ans.
Stéphane : - Arrête de te vieillir.
Nestor : - Quand j'avais 50 ans, je disais 40, quand j'en avais 60 je disais 50 et depuis 70 je me vieillis de 5 ans chaque année.
Stéphane : - Un jour tu vas prétendre avoir connu Napoléon.
Christophe : - Napoléon enfant.
Nestor : - Je suis plutôt du genre à avoir dépucelé Marie-Antoinette.
Martine : - Nestor !
Paul : - Bon, je verse l'apéro et j'y vais, sinon on ne la mangera jamais cette omelette.
Paul va chercher deux verres dans la cuisine et verse l'apéro à Stéphane et Nestor, remplit les autres.
Durant l'absence de Paul :
Christophe : - C'est vrai qu'il fait soif... on n'avait pas osé commencer...
Paul : - Si Stéphane te croit, c'est que sa chanteuse le perturbe vraiment.
A l'initiative de Paul, qui s'est assis, ils trinquent.
Paul : - A nos ventes !
Martine : - Tu n'aurais pas un sujet plus réjouissant ?
Stéphane : - Aux arbres épargnés par nos tirages.
Nestor : - A votre jeunesse !
Christophe : - A tes souvenirs !
Nestor : - Oh ! là, je vous souhaite tous d'en avoir d'aussi beaux à mon âge ! On pourrait trinquer toute la nuit !
Martine : - On a dit qu'on se couchait tôt. Parce que demain il faut piquer le fric aux bourgeois de Figeac.
Paul : - Je ne te savais pas aussi intéressée.
Martine : - J'ai pas les moyens de perdre de l'argent avec mes livres, moi. Je demande pas d'en gagner, tu sais, mais au moins de rentrer dans mes frais.
Nestor : - Moi je peux publier dix livres sans en vendre un seul ! La vente du restaurant a fait de moi un capitaliste ! Mais je préfère les vendre, mes bouquins ! C'est toujours un plaisir de recevoir un chèque ou un billet. Et avec l'argent, je me paye toutes les femmes que je veux.
Christophe : - T'es tellement connu que les femmes doivent être à tes pieds.
Nestor : - On voit que tu es bien informé ! Ça arrive, je n'ai pas à me plaindre mais offrir quelques billets, ça entretient l'amitié.
Martine : - On est plus en 1800 !
Nestor : - Heureusement, je vais te dire ! En 1800 un communiste capitaliste, ç'aurait été impossible !
Martine : - Si on part sur la politique, y'a des oeufs qui risquent de voler !
Nestor : - J'ai toujours été communiste ! Et je le resterai ! Vous verrez le jour où la Chine fera comme moi, le jour où ils comprendront qu'on peut être communiste et capitaliste !

Paul se lève : - Omelette !
Martine : - Je crois que je suis la seule qui va oser t'accompagner dans la cuisine... (en souriant :) c'est bien dans la cuisine qu'on la prépare...
Paul : - Qu'est-ce que tu imagines encore Martine ?...
Martine : - Allons casser des oeufs...
Stéphane : - J'allais oublier !... (Stéphane se lève et va près de la porte où il avait posé son sac, il l'ouvre, en sort une boîte en carton, il la tend à Paul)
Paul : - Comme tu n'en parlais plus, je pensais que tu les avais offerts aux parents de ta chanteuse.
Christophe : - C'est vrai que tu as des poules.
Stéphane : - Comme l'a écrit Stendhal : L'homme d'esprit doit s'appliquer à acquérir ce qui lui est strictement nécessaire pour ne dépendre de personne . Le nécessaire passant par le manger il vaut mieux élever ses bêtes.
Christophe : - Moi j'ai une femme... y'a pas besoin de changer sa paille.
Martine (à Paul): - Je comprends pas pourquoi t'as pas des poules ?
Paul : - J'ai essayé les poulets mais j'ai jamais eu un seul oeuf...
Paul et Martine vont dans la cuisine.

Christophe : - Alors Nestor, tu as encore été celui qui a vendu le plus aujourd'hui !
Nestor : - Je crois que les gens se disent le vieux, il va bientôt casser sa pipe, alors il faut qu'on ait au moins un de ses livres dédicacé ... et puis je vais te dire... je vendrais n'importe quoi aux gens... j'ai un de ces baratins quand je m'y mets.
Christophe (plus bas) : - Tu vendrais quand même pas un livre de Martine !
Nestor (idem) : - Sois pas vache avec elle... elle est encore jeune, peut-être qu'un jour elle écrira des livres intéressants... Il faut du temps... Mon premier livre se vendait pas aussi bien que les suivants...
Christophe : - Joue pas les modestes. Depuis que je te connais, je te vois dédicacer dédicacer...
Nestor : - Je sais m'y prendre quoi ! A chaque livre tous les copains me font un bon article dans leur journal... ça compte aussi ça... Et les politiques, ceux qui sont au pouvoir, je les ai connus gamins, ils venaient manger au restaurant. Tout ça, ça crée des liens. C'était la belle époque le restaurant ! Ah ! le droit de cuissage !
Christophe : - Dis pas ça devant Martine !
Nestor : - Elle aurait fait comme les autres, à cette époque-là ! Tout se tient dans la vie. Parfois il faut concilier l'agréable et le rentable : encore aujourd'hui, vaut mieux coucher avec la femme qui va te faire vendre deux cents bouquins plutôt qu'avec celle qui n'a pas de relations.
Martine revient avec six assiettes.

Nestor : - Non, ma Martine adorée, pas pour moi, tu sais bien que monsieur le maire m'offre le repas... (il regarde sa montre) d'ailleurs je ne vais plus tarder...
Stéphane : - Et nous on squatte !
Martine pose les assiettes, boit une gorgée et retourne dans la cuisine.

Christophe : - A part des poules, t'as quoi comme bêtes ?
Stéphane : - Deux dindes, un dindon, deux oies, trois canards, des pigeons, des cailles.
Christophe : - Tes bouquins, internet et tes bêtes, tu t'en sors alors ?
Stéphane : - Tant qu'ils ne m'auront pas viré du Rmi, j'essayerai de le garder.
Christophe : - Oh, ils virent pas du Rmi.
Stéphane : - Là ça devient limite, ils m'ont encore baissé... il faut dire que je ne vais jamais à leurs convocations, je leur réponds en recommandé : Messieurs les censeurs, vous n'avez aucune légitimité artistique pour juger de ma démarche littéraire .
Christophe : - Et tu feras quoi, si tu n'as plus le Rmi ? Tu n'auras plus de couverture sociale non plus...
Stéphane : - Internet prendra le relais. Et ne perdons pas notre temps avec des problèmes possibles. Chaque jour est une équation à résoudre où ni le passé ni le futur n'ont leur place.
Christophe : - Comme Paul n'est pas là, on peut parler d'auto-édition... tu crois que l'auto-édition, dans le livre jeunesse, ça pourrait fonctionner ?
Stéphane : - Tes livres sont bien distribués... mais le plus souvent ton nom ne figure même pas sur la couverture... donc tu ne peux pas compter sur ta notoriété.
Christophe : - Je suis à moral zéro... là tu m'enfonces encore un peu plus la tête sous l'eau...
Stéphane : - Pour répondre correctement à une question, mieux vaut ne pas se bercer d'illusions (plus bas, en souriant :) si tu veux des louanges, déshabille-toi devant Paul !
Nestor : - S'il présentait le 20 heures, je dis pas non ! Mais là, le jeu n'en vaut pas la chandelle (personne ne l'écoute).
Christophe : - C'est vrai qu'au niveau notoriété c'est néant, partout je dois préciser j'ai publié vingt livres . Quand j'ajoute le nom des éditeurs, là les gens me regardent autrement...
Stéphane : - Et le livre jeunesse, c'est encore pire que le roman, les réseaux de distribution sont complètement verrouillés.
Christophe : - Mes meilleures ventes, c'est en grandes surfaces... je suis même certain que les ventes sont plus importantes que celles notées sur mes relevés.
Stéphane: - Et si tu envoies un huissier pour vérifier leur comptabilité, là tu es certain d'être grillé chez tous les éditeurs.
Christophe : - C'est une vraie mafia. Tu vois, malgré vingt livres publiés, j'ai l'impression d'être un petit enfant qui doit dire merci quand on lui signe un contrat. Pour le 1%, j'ai dit mais chez Milan j'étais à 3 . Elle s'est pas gênée, la blondasse platine, de me balancer : vous savez bien que si vous ne signez pas, un autre auteur sera heureux de signer .
Nestor : - Une mafia, tu l'as dit. Un pour cent à l'auteur, un pour cent à l'illustrateur, ils doivent considérer que donner deux pour cent c'est encore trop. J'ai compris à mon premier livre, vous savez que j'avais un éditeur. Ils m'ont fait une pub dingue c'est vrai. Mais au moment de payer, y'a fallu que je fasse intervenir un bon copain pour que l'éditeur mette l'argent sur la table.
Stéphane : - C'était mafia contre mafia !
Nestor : - Si je dis tout dans ma biographie, vous en découvrirez de belles mes amis.

On entend de la cuisine, ce qui interrompt la conversation :
Paul : - Aïe... Oh Charlus... oh ça fait mal... de la glace, vite de la glace... dans le haut du frigo... Aïe... que ça fait mal...

Christophe : - Un drame de l'écriture...
Stéphane : - Il va demander un arrêt de travail.
Christophe : - On ne peut pas le soupçonner de s'être brûlé pour attendrir Martine, qu'elle lui applique tendrement des compresses.
Stéphane : - Ça change, parfois, un homme !
Christophe : - Y'a des cas désespérés...
Nestor : - Y'a des techniques plus rapides et moins douloureuses. Si vous voulez, je vous en raconterai quelques-unes.
Stéphane : - Ou alors il ne s'est pas brûlé... il a fait une expérience avec un oeuf !
Christophe : - Et l'oeuf a explosé au mauvais moment ! Tu prépares un livre X qui se déroulera dans ta petite ferme !
Nestor : - C'est vrai que le coq avec les poules, il ne perd pas son temps à répondre à des sms, à écouter leurs petits malheurs ! La civilisation n'a pas apporté que des bonnes choses... c'était quand même le bon temps, le restaurant !

Paul arrive en secouant la main gauche dont le dessus est recouvert d'un sparadrap. Martine suit avec la poêle dans la main droite, la casserole de pâtes dans la gauche.

Paul : - Putain, quelle douleur.
Stéphane : - La douleur est une invention du corps pour se protéger des agressions extérieures. Remercie plutôt ton organisme !
Martine pose l'ensemble sur la table.
Paul : - Parfois, tu dis vraiment n'importe quoi, quand même !
Stéphane : - Ta main vient de te signaler qu'il ne faut pas la détruire. Si tu as retenu la leçon, remercie ta douleur et dis-lui bonne nuit la douleur ... il te suffit de dire ça ne fait pas mal .
Martine reprend la poêle.
Martine (à Stéphane) : - Tu veux que je te la colle pour tester ta théorie ?
Paul : - Tu veux la voir ma cloque ?
Martine : - Là, fais attention à ta réponse, il parle peut-être pas de sa main gauche.
Christophe : - On a évité un drame, si ç'avait été la droite, demain tu ne pouvais plus dédicacer...
Paul : - Je suis gaucher.
Christophe : - Donc c'est un drame.
Stéphane : - Il faut prévenir la Dépêche du Midi...
Paul (en s'asseyant): - Allez, servez-vous... J'ai connu pire !... Mais en ce temps-là c'était volontaire !
Martine : - L'autofiction masochiste selon Saint Paul.
Christophe : - J'hésite... j'ai jamais vu une omelette aussi jaune.
Nestor : - Au restaurant, on avait un chef extra. Il utilisait de ces colorants, certains étaient même interdits ! Les plus beaux plats de la région qu'on avait !
Christophe : - Vous avez ajouté du maïs ?... vous savez bien que je suis allergique au maïs...
Stéphane : - Tu les trouves où tes oeufs ?
Christophe : - Comme tout le monde, au supermarché.
Stéphane : - Et elles mangent quoi les poules qui pondent dans tes barquettes ?
Christophe : - Elevées en plein air.
Stéphane : - En plus d'être élevées en plein air, elles choisissent leur herbe, retournent la terre pour y trouver de bons petits vers de terre, attrapent des criquets, des escargots.
Christophe : - Ah ! des criquets, des escargots, tu crois que c'est bon pour les poules ?
Stéphane : - Goûte ! Les poules n'ont pas attendu les nutritionnistes des multinationales pour exister. Tu vas voir la différence.
Paul : - T'es sûr, Nestor, que tu veux pas au moins la goûter, l'omelette aux oeufs de Stéphane.
Nestor : - Ce serait avec plaisir. Mais je ne peux quand même pas arriver le ventre plein à la réception de monsieur le maire (il regarde sa montre). D'ailleurs je vais vous laisser.
Martine : - Tu vas quand même prendre un verre de vin avec nous ! Et le vin ? (tous sourient)... Quoi ?, j'ai l'air de réclamer ?... Mais non Paul !... comme tu nous invitais j'ai amené une bouteille.
Elle se penche, ouvre son sac, et en sort une bouteille.

Martine : - Bon, c'est du Cahors... mais on n'a pas encore vendu 200 000 exemplaires...
Christophe : - Avec les traductions, je dois y être... mais je crois que j'aurais touché plus d'argent si j'avais vendu mille exemplaires d'un livre auto-édité.
Martine : - Ah ! vendre mille bouquins en auto-édition... on en rêve tous !... Alors malgré tes 200 000 exemplaires tu n'as pas les moyens de nous offrir une bouteille !...
Christophe : - J'attendais que la tienne soit vide pour proclamer j'ai gardé la meilleure pour la fin mais bon (il se baisse et sort de son sac une bouteille)... c'est du Buzet ! C'est quand même mieux que du Cahors...
Martine : - On verra, on verra, ne vendons pas la peau du Cahors avant de l'avoir bu.
Elle se penche et sort de son sac une autre bouteille.
Martine : - Cahors 2 Buzet 1. Et c'est Cahors qui nous saoule le plus !
Christophe : - Là, Stéphane, avec tes trois oeufs tu passes pour un radin !
Stéphane : - Bon, alors je dois la sortir avant l'heure prévue...
Stéphane se lève, va ouvrir son sac, en sort une bouteille.

Paul : - Oh ! En plus des oeufs, du champagne, je suis touché.
Stéphane : - C'est pas tout à fait du champagne, mais quand on aura vidé les bouteilles de vin, du bon mousseux ça nous paraîtra sûrement meilleur que du mauvais champagne.
Paul : - Je ne sais pas si tout ça, ça s'accorde avec une omelette et des pâtes... mais les mélanges pour des écrivains c'est toujours souhaitable...
Christophe : - Bon, je fais le commentaire avant vous : c'est moi qui passe pour un radin avec une misérable bouteille.
Martine : - Mais non, Christophe, on sait bien que ta femme te surveille. Déjà pour sortir une bouteille, tu as dû inventer des stratagèmes pas possibles !
Christophe : - C'est vrai que je suis le seul marié ici !
Nestor : - Mais je suis marié mon ami ! Quarante ans de mariage ! Peut-être même plus !
Christophe : - Faut pas demander si tu n'étais pas marié !
Nestor : - Tu crois quand même pas qu'en plus de la voir entre mes quatre murs, je vais la laisser me suivre ! j'ai passé l'âge !
Paul se lève et sort. Christophe et Martine se sourient.

Christophe : - Pourtant je n'ai pas parlé d'éphèbes sur une plage...
Paul revient avec un tire-bouchon.
Il ouvre une bouteille de Cahors puis remplit les verres.
Ils trinquent.

Paul : - Aux livres et à ceux qui les achèteront.
Christophe : - Pour du Cahors, c'est buvable !
Paul : - Très raffiné, je dirais.
Nestor (vide son verre d'un trait... en se levant) : - Allez, je vous laisse les amis, ça m'a fait bien plaisir de passer quelques instants avec vous mais je dois maintenant rejoindre monsieur le président du Conseil Régional... allez, j'essayerai de lui glisser un petit mot en votre faveur pour que l'année prochaine ils vous invitent aussi aux frais de la princesse... Je crois que je vais d'abord faire un saut à l'hôtel... Y'a une petite à l'accueil, je ne vous dis pas !
Christophe : - Nestor ! A ton âge !
Nestor : - A mon âge ! J'ai un truc auquel aucune femme ne résiste.
Christophe : - On ne demande pas à voir.
Nestor : - Je vais vous le montrer, vous pourrez dire, j'ai vu le secret de Nestor (il met sa main droite dans la poche droite de son pantalon et ressort une liasse de billets).
Martine : - Ça va sûrement te surprendre, mais y'a des femmes que ça laisse indifférent.
Paul : - Indifférentes, au féminin pluriel, j'aurais dit à ta place.
Nestor : - Tu dis ça parce que t'es entourée d'amis... allez on en reparlera en tête à tête un de ces jours... (en avançant vers la porte) allez, n'hésitez pas à faire des bêtises, c'est de votre âge.
Presque en même temps :
Christophe : - Embrasse la dame en blanc de notre part.
Martine : - Bonne nuit Nestor.
Paul : - Merci Nestor, d'avoir honoré cette maison de ton passage.
Stéphane : - N'oublie pas de prendre des notes pour ta biographie.
Nestor sort.

Martine : - Vieil obsédé va !
Stéphane : - Comme beaucoup il doit en dire plus qu'il en fait... Il arrive un âge où le sexe devient la médaille de ceux qui n'ont pas la légion d'honneur...
Christophe : - Le plus honteux, c'est que ses livres se vendent.
Martine : - Les gens achètent n'importent quoi. Il suffit d'un sourire de Nestor et sa petite phrase sirupeuse ça vous replongera dans un monde qui n'existe plus , et les vieilles achètent.
Christophe : - Les jeunes aussi avec son vous l'offrirez à vos parents ou vous verrez comment ont vécu vos grands-parents .
Stéphane : - Ça ne veut pas dire que ses livres sont lus.
Martine : - Mais au moins le fric rentre ! Moi il me faut deux ans pour rentrer dans mon argent. J'ai au moins dix livres en attente.
Paul : - Moi ça me donne un moral d'enfer, de le voir en si bonne forme ! Je ne parle pas de son écriture mais de son entrain. Je me dis que j'ai encore devant moi quelques bonnes décennies.
Martine : - C'est un formidable métier, écrivain : à soixante ans on regarde l'académie française et on se dit qu'on a tout l'avenir devant nous !
Christophe : - Faudrait encore en vivre !
Martine : - T'inquiète pas, dans quelques années t'auras la retraite en plus de tes droits d'auteur... (Christophe reste sceptique)
Paul : - Mais ils sont délicieux, tes oeufs, Stéphane.
Stéphane : - Ils sont si bien mis en valeur par tes pâtes Don Paulo.
Paul : - C'est l'un des souvenirs les plus délicieux de ma vie, quand je suis allé animer un atelier d'écriture à Vérone.
Martine : - Et comment tu avais été invité là-bas ?! Tes livres ne sont pas traduits en italien ! Ils ne te connaissent quand même pas ?
Paul : - Mais tu sembles ignorer qu'en certains milieux, je suis très apprécié.
Martine : - L'internationale gays a pris le pouvoir dans la culture !
Christophe : - Un livre acheté, un oeuf offert, tu ferais un malheur. Tu en vends des oeufs ?
Stéphane : - Quand j'en ai trop, le chien adore ça, et ça lui fait des poils d'un luisant... Mais par chez moi les gens sont civilisés, ils ont leurs bêtes.

Les verres se vident et se remplissent rapidement.

Paul : - Dis, Stéphane, puisqu'on est entre nous... ton nouveau look, c'est étudié ou c'est juste pour t'amuser, pour embêter les bourgeois de Figeac ?
Stéphane (après quelques secondes où il cherche les termes exacts et aussi à capter l'attention) : - Nous sommes condamnés à la notoriété !
Tous le regardent, incrédules.

Paul : - Vas-y, fais-nous partager tes découvertes.
Stéphane : - Au-delà des raisons pour lesquelles on écrit, ce qu'on écrit n'a d'intérêt qu'historique. De notre vivant, enfin, au moins durant nos premières décennies d'écriture, ce qui primera ce sera le médiatique.
Paul : - Tu veux dire qu'on est obligé d'être connu pour être lu ?
Stéphane : - Pas forcément connu... être inconnu est parfait... (en souriant) à condition que tout le monde le sache.
Martine : - Là tu joues sur les mots, être inconnu à condition que tout le monde le sache, ça veut dire être connu.
Stéphane : - Mais non, Martine ! tout le monde peut se dire : lui, c'est un écrivain quasi inconnu, et ce n'est pas parce que tout le monde dira lui, c'est un écrivain quasi inconnu que je serai un écrivain connu !
Paul : - Mais si tout le monde dit quelque chose...
Stéphane : - Mais tout le monde pense alors que son voisin ne me connaît pas ! Il se dit, tiens, cet écrivain, ça a l'air d'être un type intéressant .
Martine : - Et il achète ton bouquin ?
Stéphane : - Rarement. Achète un bouquin celui qui se dit je vais sûrement découvrir quelqu'un d'original ... mais les badauds penseront ça sert à rien que je le lise, je pourrai en parler à personne .
Martine : - Ils pourraient en parler pour faire découvrir.
Stéphane : - Déformation professionnelle, tu rêves ! S'ils en parlent c'est pour frimer. Je commente toujours la majorité... heureusement, il y'a des exceptions...
Paul : - Et tu en croises beaucoup des exceptions ?
Stéphane : - Ne pose pas des questions dont tu connais la réponse ! On ne vit pas sur le dos des exceptions... Tu crois que je serais à Figeac pour vendre trois bouquins si je pouvais en vendre cinquante en allant dans un vrai salon du livre ?
Paul : - Là tu vas nous casser le moral !
Stéphane : - Quoi ? Ne m'attribue pas plus de pouvoir que j'en ai ! Lundi, qu'est-ce qu'on va répondre au premier pecnot qui osera demander alors, ça c'est bien passé ton week-end ?
Paul : - Tu me poses la question ?
Stéphane en souriant : - Les gens achètent de moins en moins de livres, mais j'ai pas à me plaindre quand même... et toi tu ajouteras mes acrostiches sont partis comme des petits pains, c'est mieux que rien, ça me permet d'être tranquille quelques semaines .
Paul : - Là tu te moques.
Stéphane : - Je me moque de toi, de moi, de nous.... Mais au moins je ne serai pas dupe de leurs manigances, je n'irai pas manger avec monsieur le président du Conseil Régional, avec les magouilleurs du livre qui se donnent une image de ville culturelle en nous invitant sur un strapontin de leur salon, parce qu'on est des écrivains régionaux , que notre nom, notre photo paraissent dans quelques torchons.
Paul : - Finalement, tu devrais écrire un essai.
Stéphane : - Mais là, il faudrait... être vraiment connu !
Paul : - Et sur internet ?
Stéphane : - Si un visiteur des sites sur mille achetait un livre... je deviendrais imposable !... Mais il faut être logique, vendre des livres n'est pas le but.
Christophe : - Alors je ne vois pas l'intérêt d'avoir des sites.
Stéphane : - Le livre va disparaître.
Martine : - Là tu veux vraiment nous casser le moral.
Stéphane : - Mais non, c'est une suite logique. D'abord la pensée s'est transmise de bouches à oreilles, n'a compté que sur la mémoire. Puis elle fut gravée, dans la pierre, sur des os humains, peinte sur les parois de grottes. L'invention de la représentation et de l'écriture a été une révolution plus importante que le passage au numérique. J'imagine les Paul d'alors : si on écrit la pensée, plus personne n'écoutera, plus personne n'apprendra.
Paul : - Pourquoi tu me fais tenir le rôle du conservateur qui refuse tout progrès ? La disparition du livre, ce n'est pas un progrès.
Stéphane : - Mais c'est bien toi qui veux garder sur un piédestal les éditeurs, qui regardes de haut l'auto-édition comme si le travailleur indépendant qu'est l'auteur-éditeur n'avait pas sa place dans la littérature, parce qu'il n'a pas été légitimé par un vénérable éditeur.
Paul : - Tu sais bien que dans l'auto-édition, la majorité des livres ne valent rien, regarde Nestor, Pierre ou Véronique...
Stéphane : - Mais en plus tu assimiles l'auto-édition au compte d'auteur.
Paul : - Là tu ne m'as pas convaincu.
Stéphane : - Donc pour toi c'est la même chose ! (léger énervement) qu'un auteur qui a été refusé par l'ensemble des éditeurs classiques signe, en désespoir de cause, avec un pseudo éditeur qui va lui demander une fortune pour un bouquin en mauvais papier, tu confonds cette arnaque avec le choix de l'auteur qui décide d'être son propre éditeur, d'être travailleur indépendant.
Paul : - Mais tu sais bien que la majorité de ceux qui s'auto-éditent c'est parce qu'ils n'ont pas trouvé d'éditeur comme tu dis classique.
Stéphane : - Ce n'est pas parce qu'une activité est utilisée faute de mieux par des écrivaillons, qu'il faut en conclure que l'activité est méprisable. L'auto-édition est l'avenir de l'édition.
Christophe : - Mais si on en arrive à la disparition du livre, tu parles d'un avenir !
Stéphane : - J'en reviens donc à mon histoire de la conservation de la pensée. Après la pierre et les os humains ? on a utilisé des matières plus pratiques : le bois puis le papier. Et un jour on a relié le papier sous forme de livre. Le livre a eu quelques siècles de triomphe. C'est inévitablement sa... ou peut-être ses dernières décennies.
Martine : - Finalement, tu devrais devenir enseignant ! Tu devrais me remplacer ! Il faut faire travailler les jeunes.
Stéphane : - Et devant mon tableau noir, je conclurai : dès que le numérique sera plus pratique que le papier, il le supplantera. Des millions d'arbres seront en plus épargnés.
Paul : - Alors il n'y aura plus d'écrivains. Déjà qu'il est difficile de récupérer des droits d'auteur quand les livres sont imprimés... alors quand les versions numériques seront téléchargées gratuitement, piratées ?...
Stéphane : - C'est bien pour cela que je ne veux surtout pas d'éditeur, que je tiens à mon indépendance. En conservant l'ensemble des droits, je récupère l'ensemble des droits dérivés.
Paul : - Mais je comprends pas ta logique d'écriture, de ne pas te fixer dans un genre, de faire ainsi feu de tout bois. Tes internautes... tu vois je connais le terme exact, tes internautes doivent être comme les organisateurs des salons du livre ! Ils ne doivent pas savoir où te classer.
Stéphane : - Mais je ne suis pas un bibelot dont on recherche l'étagère qui le mettra le plus en évidence.
Paul : - Tu sais bien ce que je veux dire.
Stéphane : - Ecrire, l'essentiel est d'écrire, tu en conviens ?
Paul : - Naturellement, mais si personne ne s'y intéresse...
Stéphane : - Le succès est toujours un malentendu ! Il est donc inutile de courir après ! quelqu'un tombe sur un texte et la mayonnaise prend, tout s'emballe, c'est rarement le meilleur texte. Quand ça arrive, le plus souvent l'écrivain est déboussolé, paumé. On lui demande de tout ! Et bien moi, ce jour-là je placerai mes textes, chanson, théâtre, scénarios...
Paul : - Tu ne m'as pas convaincu ! Si je t'ai bien suivi, il suffit d'attendre.
Stéphane : - La patience est notre grande vertu !
Paul : - A ce petit jeu de l'attente, je ne me vois pas attendre encore cinquante ans ! Et en attendant, il faut bien vivre !
Stéphane : - Les droits dérivés, on y revient !
Christophe : - C'est quoi, tes droits dérivés ?
Stéphane : - Les internautes téléchargent gratuitement... et après reçoivent de la pub.
Paul : - Tu deviens comme un coureur automobile, avec des pubs partout.
Stéphane : - Mais pas du tout ! Encore une réduction caricaturale orchestrée par l'industrie du livre pour effrayer leurs petits auteurs. Le versant littéraire et le versant publicitaire sont dissociés. Aucune publicité dans les versions numériques mais les internautes fournissent leur adresse e-mail et reçoivent d'autres messages, des messages cette fois publicitaires.
Christophe : - Et vous êtes nombreux à faire ça sur internet ?
Stéphane : - Je crois qu'en France je suis le premier.

Paul : - Internet, internet, je suis trop vieux pour m'y mettre comme toi. C'est bien bon pour les sites de drague mais pour la littérature, je suis et je resterai de l'ancienne école.
Christophe : - Faudrait qu'un jour on en parle vraiment d'internet, Stéphane.
Stéphane : - Mais qu'est-ce qu'on vient de faire ?
Christophe : - Oui... mais devant un écran, que tu me montres comment ça marche. Comment tu peux envoyer un texte, tu es toujours derrière ton écran ?

Stéphane : - Avant d'être un mec bizarre qui promène ses livres, j'ai été un jeune informaticien. Cadre même !
Martine : - Tu dis tout en deux fois. Pour moi l'informatique ça se résume à une question : tu connais la différence entre Windows et un virus ?
Personne ne répond.

Martine : - Windows c'est payant alors qu'un virus c'est gratuit.
Stéphane : - C'est avec de telles plaisanteries qui se veulent des bons mots, qu'on fait peur aux écrivains ! Tant mieux ! Ayez peur, ça me permettra de prendre un train d'avance.
Christophe en souriant : - Tchou Tchou.
Paul et Martine éclatent de rire.
Stéphane a une moue signifiant ils n'y comprennent vraiment rien .

Rideau

Acte 2

Livres cd A GAGNER :  créateurs à découvrir
Sur chansons.org... A GAGNER : 4 albums Terre de sons du groupe ART VIDA

ART VIDA est un groupe mélangeant astucieusement chansons méditerranéennes, jazz manouche ou « flamenco oriental », le groupe concile de façon textes poétiques et influences musicales multiples et prend, ainsi, une place originale dans la chanson française, loin de tout classement. A découvrir d'urgence.

Art Vida n'est pas seulement un groupe, c'est tout d'abord une compagnie qui travaille entre théâtre, textes, danse, cirque.. et musique. Le tout autour de la Méditerranée. Le groupe mélange l'Espagne, l'Orient, le jazz manouche ainsi que la chanson pour le plus grand plaisir des oreilles et du coeur.
Des textes écrits par Sébastien Laussel, portés par la voix profonde de Carole Cottel, les guitares résonnent, alchimie des mots et des sons pour un voyage coloré, Art Vida a la chance de posséder des musiciens expérimentés qui jouent avec dynamisme, justesse, toujours en prise parfaite avec le son réalisé.
Des titres invitent à la danse, d'autres sont un retour à la racine du son et de ce métissage musical comme le langoureux "Ailleurs", superposition de voix et échos d'Afrique du nord, où l'accordéon joue avec les guitares et les percussions.
Lex textes poétiques envoient de fortes images, comme l'adaptation des textes de deux grands poètes : Garcia Lorca et Pablo Neruda


Sur http://www.salondulivre.net : A GAGNER 3 exemplaires Douceur Florentine de Dominique Gianino(lauréate en 2005 du prix attribué par le site)
Après l'horrible drame qui s'est déroulé sous ses yeux, Isabelle se réfugie dans le vieux palais de l'île san Fratri, résidence du secret Autrichien et du flamboyant Vénitien qui se partagent sa protection car, si elle est quitte avec Venise, elle n'en est quitte ni avec le Milieu qu'elle a publiquement dénoncé ni avec le passé trouble de son époux. Refaisant peu à peu surface et voulant oublier les folies romaines qui ont bouleversé sa vie, elle s'investit pleinement dans la restauration du palais délabré des deux hommes entre lesquels elle ne peut choisir. Le Destin qui veille, les hasards de la vie et l'intervention de certains êtres dans le cours de son existence vont la contraindre à vivre des événements qui la dépasseront. Un séjour obligé à Vienne, où un sinistre, magnétique et fascinant Autrichien semble menacer le fil de sa vie, va remettre en question le peu de certitudes qui lui restait. Peut-on échapper à ce qui est écrit en utilisant son libre arbitre et celui-ci existe-t-il vraiment ?
Seuls, quelques ancêtres, guides et protecteurs, et quelques chats obstinés et avisés semblent avoir la réponse. Et quand ceux-ci décident de prendre en mains le destin des vivants et des humains, qui peut dire ce qui peut arriver ? Isabelle parviendra-t-elle enfin à atteindre la sérénité et à goûter la douceur florentine auxquelles elle aspire tant ?
226 pages - 18 EUROS
Le plus rapide : chez l'auteure : Dominique Gianino - 3 rue Paul Gauguin - 94000 Créteil.
Franco de Port pour la France

Pour le lancement du site contes-conteurs.info : A GAGNER 3 exemplaires LE DJANIAT... LE JARDIN DE DIEU de Monique DECAMPS

une oeuvre humanitaire et un vibrant hommage à Ahmad Shah Massoud et au peuple afghan
La version anglaise : THE DJANIAT... THE GARDEN OF GOD sera édité par l'Association Trencavel en 2006.
Monia, membre de la SACD (Société des Auteurs et des Compositeurs Dramatiques) a également écrit une pièce de théâtre pour le village de Leuc :
LA LEGENDE D'ITAQUE (qui retrace sur 2 siècles l'histoire de ce village).
ET 3 pièces de théâtre médiévales pour le village de Pieusse dans le cadre des Estivales cathares :
- SUR LES TERRES DE MES PERES (2001)
- FARANDOLE (2002)
- ULTIME BALLADE (2002)


Sur www.autoproduction.info... A GAGNER : 4 CD Chansons Hétérogènes de DD LE MALFRAT


Sur chansons.org... A GAGNER : 4 CD ALL FOR LOVE de MICHAEL BROWN
De LOS ANGELES, en passant par la FINLANDE, puis par la France, MICHAEL BROWN écume les scènes du monde.
Inspiré par la lignée des grands (JAMES BROWN, MICAHEL JACKSON...) MICHAEL BROWN the show man est un cocktail explosif sur scène.
Ex-champion de France des imitations de M. JACKSON, la qualité de ses performances a mondialement séduit les médias(Presse-Radio-TV).


Sur http://www.salondulivre.net A GAGNER 3 exemplaires de Chambres d'hôtel de Michel LOIRETTE...
Paris, Rome, Athènes, Venise...Autant de villes qui fascinent les plus blasés. Les personnages des ces histoires brèves y connaîtront l'amour fou, mais aussi les pires désillusions et souvent, les fins les plus cruelles. Michel Loirette évoque avec sensibilité et humour la vie brutalement dévastée d'êtres ordinaires soudain confrontés à des situations hors du commun où le fantastique et la passion le disputent au quotidien le plus banal.

chansons.org : A Gagner 3 albums de Patrick Hargous âneries

le retour... Après Différences Patrick Hargous vous présente Aneries... Commentaires. Un peu une suite de l'interview webzine numéro 58 :
Avec toujours les trois petits points... ceux qui ouvrent l'imagination après quelques mots...

Quand Bunny le Pouet farfouille sur le Net, à la recherche de nouveaux chanteurs, poètes ou écrivains, il rencontre parmi les millions de sites Web, des Personnes et des gens admirables, souvent peu connus... malheureusement.

Bunny le Pouet, sa passion : les artistes, chanteurs, groupes, peu connus et surtout les poètes méconnus. Toujours à l'affût de nouveautés....
Alors quand Bunny découvre

d'un certain Jean Pierre Georget...

Je ne l'ai jamais vu Jean Pierre. Pas de Photo sur son site. Nous ne nous parlons qu'au téléphone ou par email... Espérons qu'un jour nos chemins se croiseront.......

Son Métier : soudeur renommé du village. Il parait qu'il soude les Pots comme on travaillait les Stradivarius..... L'orfèvre des pots d'échappement....

Mais aussi, dès qu'il a un moment de libre...
Le Victor Hugo, La Fontaine, Molière.... de la poésie française...
Pour moi...
Un poète, un grand poète inconnu ...
Un poète ayant un petit groupe d'amis poètes et chanteurs eux aussi...
Un poète dans l'ombre écrivant des textes sublimes...
Un poète ignoré qui ne se prend pas du tout au sérieux.....
Un poète qui traite des centaines de sujets difficiles de la vie, avec humour décalé...
Un poète de notre temps qui aborde tous les sujets de notre vie...
Un poète Chansonnier comme autrefois....avec une verve incroyable, impitoyable parfois...
Il parle de tout, il aborde tous les sujets sans complexes...
Son Histoire de France..... Son nouveau sujet de textes est à mourir...On dirait Alain Decaux qui nous raconte l'histoire de France en vers... On devrait mettre ses textes dans les bouquins d'écoles et tous les bambins retiendraient à coup sûr notre Histoire de France.....
Voila pourquoi.... Bunny le Pouet, a contacté Jean Pierre Georget en lui proposant de mettre en musique quelques-uns de ses textes....
Petit essai.... Gros essais.... J.P aime.....
Donc Bunny continu, choisit 6 chansons....

La pochette et le CD ont été réalisés par les amis de Jean Pierre
L'aventure du CD a démarré.....
Bunny contacte son Ami Guitariste Eric Sevry,

virtuose soliste et accompagnateur de génie qu'il a connu aux Antilles, demeurant près de Lyon, Grenoble, Annecy.... Et lui propose de faire des arrangements.....
et la boucle est Bouclée......
Bunny chante 4 titres
Eric chante 2 titres
Sortie à Nice du CD... et désormais sur la toile...
Et il y en aura d'autres... sans doute

 N E R I E S est à gagner. 3 exemplaires... collectors... (bon, ça se gagne les trois petits points...)

www.autoproduction.info : A Gagner 4 albums BARCELONE par LES FRERES DELABONE

Stéphane Ternoise : Théâtre de Ternoise et autres textes déterminés
3 exemplaires à Gagner Sur http://www.salondulivre.net
2005, 19 euros
Format 14,8 X 21 - 288 pages - ISBN : 2-9506158-9-9

 Actualité
a) Le tabac bientôt réellement interdit dans les lieux publics ?
Quinze ans après la loi Évin, l'interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif, tout en acceptant des espaces pour fumeurs, a, faute de sanctions, montré ses limites : le tabagisme passif demeure. 3 000 à 5 000 morts par an. Ainsi, l'IGAS, Inspection générale des affaires sociales, préconise une interdiction absolue.
Mais Dominique de Villepin, depuis le CPE, redoute toute vague. Alors quand les débitants de tabac appellent les buralistes à un meeting de protestation le 25 avril, le ministère de la Santé conclue le temps de la décision n'est pas encore arrivé.

b) Avril 1986. François Mitterrand à l'Elysée. Cohabitation : Jacques Chirac est à Matignon depuis le 20 mars. Dévaluation du franc. Charles Pasqua ministre de l'intérieur. Vague d'attentats.
Un nuage radioactif, ç'aurait été trop !
Alors un cyclone providentiel à épargné à la France l'accident du 26 avril, à Tchernobyl. Aucun confinement, aucune mesure de précaution. L'anticyclone Mitterrand-Chirac est toujours en activité dans les instances officielles.
Vingt ans plus tard, aucune étude sérieuse pour connaître les conséquences de Tchernobyl en France...

c) Des nouvelles du confinement des volailles :
50 éleveurs professionnels sont autorisés à utiliser des parcours extérieurs , par le préfet de l'Ain, Michel Fuzeau.
Quant aux particuliers : confinement ! Partout !
Ça se passe comment ? de nombreuses volailles au congélateur ! D'autres éleveurs confinent... peur du gendarme sauf le samedi et le dimanche, il se dit dans nos campagnes que les contrôleurs sont des bureaucrates !... Naturellement, ces volailles reçoivent quotidiennement leur ration d'herbe...
En cas de présence du virus H5N1 de la grippe aviaire, l'herbe serait naturellement souillée et transmettrait le virus. Mais l'apparence est sauve !
Nos bêtes ne vont quand même pas être nourries comme dans les élevages industriels...
Des éleveurs refusent de médicaliser leurs bêtes. Car une bête confinée, c'est naturellement moins résistant.
Dossier essentiel : ces mesures vont-elles réussir à décourager les derniers français soucieux de la qualité des volailles ?
Appel à la résistance contre la logique industrielle !
Boycottez les volailles des hypermarchés non à cause de la grippe aviaire mais d'une qualité indigne d'une volaille...

d) La France est sortie du cyclone CPE. Méthode traditionnelle : distribution de millions.
Paquet cadeau : 150 millions d'euros en 2006 et le double en 2007, soit renforcer considérablement (selon Laurent Hénart, rapporteur UMP de la loi égalité des chances) des dispositifs existants en faveur des jeunes les plus en difficulté.
Des primes AUX employeurs.
La nouvelle loi pose le principe d'une aide de l'Etat aux employeurs qui embaucheront des jeunes en difficulté en contrat à durée indéterminée. Ces dispositifs concernent les jeunes de 16 ans à moins de 26 ans qui sont les plus en difficulté dans l'accès au marché de l'emploi (Borloo)

e) Première visite aux Etats-Unis du Chinois Hu Jintao ès qualité président de la République populaire . Première étape :
un dîner de gala chez Bill Gates, le patron de Microsoft, homme le plus riche du monde, symbole de la mondialisation.
Nos communistes français ne doivent plus rien y comprendre !

f) en mai, édito de Ternoise sur le désir d'avenir de Ségolène Royal. Lisez Sénèque pour mesurer la néfaste portée d'un tel slogan...
Décodage du site desirsdavenir.org


Réactions au précédent webzine... :

Je m'attendais à plus de résiliation et plus de réactions syndicales !
Finalement... mon approche disons pédagogique... DVD pourrait s'en inspirer !



LA PAGE http://www.lewebzinegratuit.com/actu/
les réactions des abonnés... les réponses de Stéphane Ternoise... bon vous connaissez la suite... PEU DE TEMPS !... ENORMEMENT DE RETARD !...

OBSERVATOIRE INTERNET et réseau ternoise.net
jetedonne.com Nouvelle version du site du DON. Avec recherche plus pratique et possibilité de saisie JE RECHERCHE

Dominique de Villepin ET moi (CPE et pseudos)
DVD et TERNOISE : même difficulté à expliquer un grand projet .
Pour DVD, ce fut le CPE, contrat premier embauche. Et pour moi l'annuaire des pseudos pseudos.info.
891 internautes référencés sur le site et encore moins de CPE signés entre sa promulgation par Jacques Chirac et son remplacement. Mais la patience est parfois une grande vertu (comme le chanta Léo ferré) : pseudos se déclinera en plus du .info sous l'approche .fr et .eu, la version européenne des sites.
Sur les sites en .eu, mon implication dans l'autoproduction se traduit par l'obtention du domaine concerné, dont le contenu reste à définir. Genre : autoproduction en Europe : la chanson sans contrainte.

Inscription en 20 secondes de votre MAIL sur pseudos.info

- www.autoproduction.info 1211 sites - 20 EME CLASSEMENT :
1) blog sur l'autoproduction
Autoproduction : mode d'emploi-Ce blog vous guidera pas à pas vers l'élaboration d'un album de qualité, et vous aidera à réussir votre autoproduction.-

2)Madir-Music Production
musiques des îles, séga. Moutia, Maloya, Sallec, Compilation Fiesta de l'Océan Indien Vol 1: île Maurice: Clency Marie, Michel Legris, Groupe N'Sel, Linlin & Ariane
Seychelles: Jean Marc Volcy, Giselle Jean-Louis, Madagascar: Groupe Trait d'union, Toria, La Réunion.

3) Marge :
Auteur interprète-Une voix, une musique, des textes, une énergie, Marge ose un style hors normes qui dépeint l'identité humaine dans toutes ses démesures


Le classement chansons.org - 992 SITES - 17 EME classement toujours effet de la nouvelle gestion :

1) ZONE.PRODUCT (Z.P.C)
LABEL DEPENDANCE BLUES PROMOTION DU GROUPE RESK.U-UP LEADER ANAEL DELLIERE GROOVE INTERNATIONAL
DEPENDANCE BLUES label musicale cherche les talents de demain
Presentez vos maquettes sur un site au service de l'artiste, PHOTOS CASTING PRESENTATION DE VOS BOOKS GRATUITEMENT

2) Silène
Son univers musical, ses chansons pleines de doutes et d'espoirs, de larmes et de joies. Une sensibilité à fleur de peau.

3) LE DIABL



Quelques RENCONTRES sentimentales VRAIMENT GRATUITES par l'auteur d'un essai finalement peu lu (Stendhal avait connu la même réponse du lectorat)...


La réponse est évidente face au contenu du webzine : qui est imprégné de Sénèque, Epicure, Bouddha and coe évite les poisons du passé et du futur...
Cette page participe au financement... Vous pouvez aussi tester pour mieux comprendre le fonctionnement de ce monde où ces sites sont parmi les plus sollicités...


Et toujours : vous avez un site ? Vous pouvez devenir partenaire privilégié www.autoproduction.info (limité à 75 sites)
 Chanson d actualité...


Cent douze oeufs par jour


Sûr s'élèveront quelques cris
Des écolos bovétisés
Ils se sont toujours opposés au progrès
Confrérie des nostalgiques de la bougie

Les famines j'vous jure c'est fini
Avec la poule pondeuse DIDON
Suffit d'ajouter à sa ration d'plancton
Juste un peu d'uranium appauvri

La poule pondeuse
A cent douze pontes par jour
Elle est dans nos cartons
Et en plus cuisinières soyez heureuses
Jamais plus vos oeufs cuits durs
Ne casseront
Jamais plus vos oeufs cuits durs
Ne casseront


Scientifiques sont catégoriques
Pas le moindre risque sanitaire
Nous avons testé sur lapins et hamsters
Mortalité acceptable en Répufric

La poule pondeuse
A cent douze pontes par jour
Elle est dans nos cartons
Et en plus cuisinières soyez heureuses
Jamais plus vos oeufs cuits durs
Ne casseront
Jamais plus vos oeufs cuits durs
Ne casseront


Dès qu'on a l'autorisation
On va se faire un fric d'enfer
Je crois qu'il vaut mieux prendre le premier charter
En Asie on sait faire taire les opinions
La poule pondeuse
A cent douze pontes par jour
Elle est dans nos cartons
Et en plus cuisinières soyez heureuses
Jamais plus vos oeufs cuits durs
Ne casseront
Jamais plus vos oeufs cuits durs
Ne casseront


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